L'émotivité confiante.

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L'émotivité confiante.

Message  Livingston le Dim 4 Nov - 22:00

Bon, je ne savais pas trop où placer ce sujet de discussion, alors je le place ici puisque c'est d'actualité depuis...ouf...plus de 50 ans.

Il s'agit de la question nationale québécoise ou, autrement dit, de l'indépendance du Québec.

J'ai écris un court texte dans un autre forum dont le thème est essentiellement la question nationale. Je prévoyais attendre les réactions là-bas avant de partager ce texte sur d'autres forums, mais je me rends compte que l'attente est futile.

Alors voilà, je vous cite ce que j'ai écris là-bas. Et je vous laisse vous exprimer sur ce sujet chaud voire brûlant.



J’écris ce billet sans trop savoir où il me mènera. Je l’écris parce que j’ai une féroce envie d’écrire à cet instant. C’est donc une écriture à bout portant que je vous offre.

Sans prétendre être meilleur ou plus original que ceux qui se plaisent à écrire régulièrement sur la question nationale, je m’invite quand même à éviter d’avoir pour préambule cette histoire qu’est la nôtre, qui semble si triste de part la façon dont elle est présentée par nombre de soi-disant analystes et détenteurs de la Solution, qui n’y voient qu’une humiliation sans fin à laquelle nous devons, encore à ce jour, une infinité de larmes et ce, même si en bout de ligne elles ne servent qu’à nous embrouiller la vue devant l’essentiel. Si seulement ces larmes servaient plutôt à noyer notre tendance à la stagnation...

Qu’ai-je à dire sur l’indépendance de notre nation, sur cette notion qui, je crois, nous tient tous à cœur sur ces forums, sinon le choix qu’elle représente est essentiellement émotif. J’ai participé à nombre de discussions sur cette question, à défendre l’idée de l’indépendance, qui m’apparaissait et m’apparaît toujours comme étant inégalable en terme d’objectif à désirer logiquement. Après tout, n’est-ce pas là un désir intrinsèque à toute nation, de tous les âges de l’Histoire, que l’acquisition et la préservation de son indépendance? Alors qu’est-ce qui peut mener une nation ou, à tout de moins, une partie d’elle-même à céder cette indépendance aux mains d’une autre, si ce n’est parce que ceux qui en font partie ne se reconnaissent plus, ou alors parce qu’ils se reconnaissent effectivement, mais dans un autre tout.

J’ai participé à toutes ces discussions et à chaque fois, lorsque la passion était au rendez-vous chez mes interlocuteurs au moins autant que chez moi, elles s’enflammaient rapidement et ainsi elles démontraient sans l’ombre d’un doute que la dichotomie qui les caractérisait s’appuyait essentiellement sur les émotions de chacun des partis. Parce que malgré tous les arguments, les chiffres et les statistiques dégoulinant de rationalité, l’issue de ces échanges dépendait d’une seule chose : le sentiment d’appartenance. Bourgault disait, lorsqu’on lui demandait ce qu’est un Québécois : « C’est quelqu’un qui veut l’être. ». M. Bourgault voyait juste, c’est fondamental. Comment faire comprendre les bienfaits de l’indépendance du Québec à un Québécois fédéraliste lorsqu’aux tréfonds de lui-même, il se sent Canadien et qu’il accorde à Ottawa toute la légitimité de le gouverner? Bien sûr, rien n’est impossible. On peut arriver à le convaincre, à le faire se sentir Québécois au moins autant qu’un autre, tout comme on peut y arriver avec un Russe qui décide de venir s’établir parmi nous. Toutefois, n’oublions jamais qu’au-delà des « traîtres » et des « colonisés » tant décriés sur ces forums et ailleurs, se trouvent des Canadiens convaincus et honnêtes. Et s’il advenait qu’il soit impossible d’être Québécois d’origine et de se sentir Canadien, sans être un « traître » ou un « colonisé », cela voudrait donc dire qu’on se moque des étrangers qui viennent s’installer en notre sol et qu’on les trompe littéralement lorsqu’on leur demande de s’intégrer afin de devenir, comme nous, des Québécois.

Sinon, que dire de plus de l’indépendance nationale, sinon qu’elle est une question de confiance. Non seulement la confiance que les autres nous portent, mais aussi et surtout la confiance que nous avons en nous-mêmes. Une confiance en nos moyens et notre volonté d’user de ceux-ci pour atteindre des objectifs qui n’auront été établis que par notre seul désir collectif. Une confiance honnête en notre propre intégrité, qui nous sauvera de la mauvaise gérance politique et ce, tout en gardant en tête qu’il serait injuste de s’imposer soi-même une perfection que même les nations beaucoup plus vieilles que la nôtre n’ont su atteindre encore. Mais surtout, qu’en bout de ligne, il importe moins d’être meilleur ou pire que les autres nations libres du monde que de simplement être leur égal en termes de liberté et de responsabilité.

Merci d’avoir lu mon délire et d’exprimer vos songes,

Jonathan Allard.


Livingston

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Fred le Dim 4 Nov - 23:51

L'indépendance du Québec. Évidemment, le sujet ne pouvait être évité. Merci, Livingston.

Je me dois de vous dire que je suis un Québécois. Et je veux l'être. Je suis donc indépendantiste, à la base.

Cependant, il existe une partie de ce débat qui m'affecte personnellement. Je crois en l'égalité psychologique, sociale et culturelle de tous les peuples de la terre. Ou plutôt, pour être précis, je crois en la puissance psychologique, sociale et culturelle du peuple humain.
Je ne suis pas quelqu'un qui aime dresser des frontière. Dans mon âme néo-hippie-capitaliste, je me dois d'avouer que l'existence parfaite serait pour moi une existence sans pays, sans origine. J'aimerais voir un monde qui puisse se regarder en entier, et s'aimer en entier. Un monde où les humains ne seraient pas des Canadiens, des Français, des Américains, des Mexicains, des Arabes, des Africains, mais bien des humains. J'aimerais voir un peuple terrestre. J'aimerais un jour voir une planète où la majorité des êtres se sentiraient terriens. Sans frontière.

Je sais que ce n'est pas le débat de base dont je parle en ce moment. Si mon commentaire est considéré hors contexte ou déplacé, alors je me ferai un plaisir de le retirer.

Merci.

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Livingston le Lun 5 Nov - 0:19

Fred a écrit:
[...]

Je me dois de vous dire que je suis un Québécois. Et je veux l'être. Je suis donc indépendantiste, à la base.

[...]

Pardonne mon incompréhension, mais j'aimerais que tu m'éclaires sur ces trois phrases. Est-ce que pour toi, un Québécois qui veut l'être est inconditionnellement un indépendantiste? Parce que tu dis, d'une part, que tu es Québécois et, de l'autre, que tu veux l'être, et que tu es donc un indépendantiste à la base, comme s'il s'agissait d'une conséquence logique.

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Fred le Lun 5 Nov - 10:50

Je vais donner une très rapide précision (Vu le peu de temps dont je dispose sur le moment)

Je suis un québécois, et je veux l'être, et je l'assume. Donc, je suis indépendentiste.

C'est la précision principale manquante dans ma phrase.

La suite et fin ce soir.

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Livingston le Lun 5 Nov - 14:23

Le thème de la présente discussion étant la question nationale, je vous cite un texte de Denis Monière qui traite de cette question.


Les raisons profondes de faire l’indépendance
Denis Monière, L’Action indépendantiste, juillet-août 2000

POURQUOI refuser d’être Canadien ? Pourquoi vouloir un Québec souverain ? Quels sont les arguments qui sont employés pour justifier le changement de statut politique du Québec ?

L’argument clé consiste à soutenir qu’historiquement et sociologiquement, la population québécoise forme un peuple qui, dans le cadre du système politique canadien, ne peut exister qu’à titre de minorité ethnique, ce qui implique que le peuple québécois ne peut se diriger lui-même et que son destin est dépendant de la majorité canadienne.

Accepter le statut de minorité ethnique signifierait que la communauté francophone qui est massivement concentrée sur le territoire du Québec renonce à l’égalité politique avec la majorité anglophone et remette son sort entre les mains de cette dernière. Cette subordination impliquerait aussi qu’elle renonce à son identité spécifique et qu’elle se fonde dans l’identité nationale canadienne.

L’évolution du statut d’une langue est une question de rapport de forces démographique et politique et ne peut être laissée aux hasards des ambitions individuelles. Comme le Québec est le seul territoire où les francophones sont en majorité et peuvent contrôler un gouvernement et puisque la plupart des Québécois s’identifient d’abord et avant tout comme Québécois, il revient à l’État du Québec d’assurer la promotion de la langue française et de l’identité québécoise.

Or, cette exigence est inconciliable avec le nationalisme canadien qui non seulement refuse de reconnaître l’existence du peuple québécois mais qui combat activement l’affirmation identitaire québécoise.

Pour sortir d’un système de domination

Les souverainistes considèrent que le Canada est fondé sur une oppression nationale et que la constitution canadienne n’a pas de légitimité historique puisqu’elle a été adoptée par un parlement étranger pour satisfaire les intérêts de l’Empire britannique et qu’elle n’a jamais été ratifiée par le peuple.

Cet argument de l’absence de légitimité a été repris plus récemment à la suite du rapatriement de la constitution en 1981-1982 qui a eu pour effet d’imposer une formule d’amendement et une charte des droits sans que la population ne soit consultée et en dépit d’un désaccord formel et bipartisan de l’Assemblée nationale du Québec.

La domination politique du Québec à l’intérieur du système canadien va de pair avec l’évolution démographique du Canada car la proportion de la population québécoise diminue constamment dans l’ensemble canadien. On peut désormais gouverner le Canada sans tenir compte du Québec.

Pour rendre la gestion des affaires publiques plus rationnelle

Le discours souverainiste entretient et renouvelle périodiquement son arsenal de critiques du fonctionnement du fédéralisme canadien.

On dénonce les tendances à la centralisation, à l’uniformisation, les effets structurels délétères sur le développement économique du Québec, les conflits de juridiction qui nuisent à l’efficacité de la gestion du bien public, les abus du pouvoir de dépenser, les réductions des paiements de transfert, les iniquités dans les subventions, etc.

Il s’agit de démontrer que non seulement le Québec n’a pas les pouvoirs suffisants pour assumer des responsabilités normales d’un Etat national, mais aussi qu’il y a de nombreux chevauchements de compétences entre les deux paliers de gouvernement et que le gouvernement fédéral a tendance à s’ingérer de plus en plus dans les champs de juridiction provinciale afin d’imposer des politiques et des normes nationales qui restreignent d’autant l’autonomie des provinces.

Le rapport de la Commission Bélanger-Campeau illustre parfaitement ces critiques. On y soutenait entre autres que les conflits de juridiction nuisaient à l’assainissement des finances publique et que la concurrence entre les deux niveaux de gouvernement produisait du gaspillage de ressources et des incohérences dans les politiques publiques.

La plus récente manifestation de ces dédoublements fut les bourses du millénaire qui dédoublaient le système québécois des prêts-bourses. Le fédéralisme, aux dires des souverainistes, engendre donc un déficit de rationalité que la souveraineté pourrait corriger.

Un État souverain donnerait aussi aux Québécois le contrôle des leviers de développement économique et social. Le Québec ne serait plus à la merci du gouvernement fédéral qui change unilatéralement les règles du jeu et réduit d’autant l’efficacité des politiques québécoises.

Pour améliorer le fonctionnement de la démocratie

L’État canadien ne satisfait pas les hautes exigences d’une société démocratique. C’est d’abord une monarchie et même si on nous dit que celle-ci n’est que symbolique, il en découle Implicitement une conception dirigiste du gouvernement.

Le déficit démocratique se manifeste aussi dans les déséquilibres entre les ressources financières qu’accapare le gouvernement fédéral et les responsabilités qu’ont à assumer les provinces qui, elles, n’ont pas les revenus nécessaires pour remplir leurs obligations. Les services les plus coûteux sont de juridiction provinciale alors que les provinces n’ont pas les capacités fiscales et financières.

Raisons pour l’indépendance

Contrairement à ce que prétendent les fédéralistes, la constitution des grands ensembles économiques est compatible avec la souveraineté des petites nations. Plus les tendances à la mondialisation économique s’affirment, plus les espaces politiques tendent à recouper les identités nationales.

Ce phénomene est attesté par l’émergence d’un grand nombre de nouvelles nations. Plus les centres de décision s’internationalisent, plus une nation doit être présente pour faire valoir ses intérêts et participer aux décisions.

Pour débloquer l’impasse constitutionnelle

Depuis le rapatriement unilatéral de la Constitution, le fédéralisme n’est pas réformable. Après quarante ans de négociations constitutionnelles, tous les partis qui se sont succédé au pouvoir ont échoué dans leurs tentatives d’obtenir une révision du partage des pouvoirs.

Au lieu d’accroître ses champs de juridiction, le Québec a au contraire perdu la maîtrise de la politique linguistique, de la politique sociale et de la politique culturelle. L’introduction de la Charte des droits et les différents jugements de la Cour suprême ont réduit l’autonomie provinciale comme une peau de chagrin.

Les autorités politiques canadiennes et les Canadiens veulent un système où le gouvernement fédéral se comporte comme un gouvernement national et décide pour l’ensemble du Canada. Il n’y a donc plus d’espoir et d’espaces pour la thèse du statut particulier. Les Canadiens jugent inacceptable un fédéralisme à géométrie variable. Le fédéralisme ne peut plus être réformé dans le respect des besoins du Québec.

Pour ne plus être minoritaire

Tout en étant conjoncturellement pertinents, ces arguments évoqués précédemment ne sont pas fondamentaux. Le vice fondamental du fédéralisme canadien est qu’il ne permet pas de réconcilier le besoin d’identité collective et le désir de liberté individuelle, qu’il enferme l’individu dans la logique de l’ethnicité et fait du Canadien français un être enchaîné au carcan de la survivance.

Cette situation n’a rien de stimulant, rien qui invite au dépassement de soi ou qui pousse à l’audace créatrice. À ce destin replié, courbé sous les vents de l’histoire et écrasé par l’infériorité numérique, le souverainiste préfère les risques de vie qu’offre l’indépendance.

C’est le sens de l’appartenance, la définition de l’identité qui est l’enjeu majeur de la souveraineté où nous avons à choisir entre le statut de minorité et le statut de peuple.

Que sera la nation québécoise ?

L’indépendance politique nous ouvrira les portes de la modernité. Après deux siècles de subordination politique, nous retrouverons tous les pouvoirs indispensables pour construire une société qui nous ressemble.

Livingston

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Message  Cosmiksquirel le Lun 5 Nov - 16:33

Wuuuuhhh. Bon j'avouerai que j'ai lu environ la moitié de chaque paragraphe dans ce thread parce que la lâcheté est pas pire là quand y s'agit d'politique pis de toutes ces affaires là. Pour être honnête, moi, j'en aie rien à fouttre. Mais y'a une chose qui m'écoeure, c'est (et je suis consciente que ça a pas vraiment d'affaire dans ce thread mais whatever arrangez-vous avec Very Happy) les jeunes garçons ou jeunes filles qui portent leur gilet du Québec pis leurs bretelles à fleur de lys, qui clâment vouloir être un pays indépendant mais qui ont aucune ostie d'idée d'quossé ça veut dire, pis d'qu'est-ce que ça entraîne.

Je sais pas c'est quoi le trip, mais on dirait que vouloir l'indépendance du Québec c'est devenu une genre de mode, une façon d'se faire ''admirer'' ou trouver cool? M'enfin, oui, bon. Moi, ça m'touche pas personnellement, j'suis peut-être encore trop jeune pour m'intéresser à tout ça, mais j'préfère me préoccuper d'la grosseur de mes toiles plutôt qu'la largeur de nos terres. :\ J'trouve que c'est un peu comme jouer au roi d'la montagne, on se trouve pas assez hot parce qu'on est pas encore au top. Mais qu'est-ce que ça fait? Bon, bon. Encore une fois j'suis réellement pas au courant d'tous les procédés économiques pis quossé qu'le Canada nous apporte et whatever, mais si j'ai bien pu lire dans le post de Livingston, y disait bien que c'te cause là était essentiellement émotive.

Ouep. AH! Mais faut pas s'y méprendre, j'adore le Québec et sa communauté. >__>

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Livingston le Lun 5 Nov - 16:52

Cosmiksquirel a écrit:
Je sais pas c'est quoi le trip, mais on dirait que vouloir l'indépendance du Québec c'est devenu une genre de mode, une façon d'se faire ''admirer'' ou trouver cool? M'enfin, oui, bon. Moi, ça m'touche pas personnellement, j'suis peut-être encore trop jeune pour m'intéresser à tout ça, mais j'préfère me préoccuper d'la grosseur de mes toiles plutôt qu'la largeur de nos terres. :\ J'trouve que c'est un peu comme jouer au roi d'la montagne, on se trouve pas assez hot parce qu'on est pas encore au top. Mais qu'est-ce que ça fait? Bon, bon. Encore une fois j'suis réellement pas au courant d'tous les procédés économiques pis quossé qu'le Canada nous apporte et whatever, mais si j'ai bien pu lire dans le post de Livingston, y disait bien que c'te cause là était essentiellement émotive.

Ouep. AH! Mais faut pas s'y méprendre, j'adore le Québec et sa communauté. >__>

Mais surtout, qu’en bout de ligne, il importe moins d’être meilleur ou pire que les autres nations libres du monde que de simplement être leur égal en termes de liberté et de responsabilité.

À mon avis, l'idéal de l'indépendance n'a rien à voir avec un désir d'être meilleurs que les autres. C'est une question de reconnaissance, de liberté et de responsabilité.

Et pour ce qui est de l'aspect émotif du choix de l'indépendance nationale, il n'empêche pas que les arguments rationnels et calculés puissent pleuvoir et venir appuyer cette option justement. C'est simplement qu'en bout de ligne, tout dépend du sentiment d'appartenance réel qui nous habite. Comment faire avaler à une personne que son pays est le Québec si, fondamentalement, en elle, elle se sent Canadienne et qu'elle perçoit le Canada comme étant son unique patrie? C'est cet aspect émotif en particulier que je désirais soulever.

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Cosmiksquirel le Lun 5 Nov - 16:55

Personnellement j'vois pas vraiment l'intérêt, j'dis que j'suis du Québec, au Canada. Tant qu'à me sentir responsable de quoi que ce soit, j'vais commencer par l'être de ma propre vie en tant qu'HUMAIN, sans me soucier de l'aspect culturel en général de ma dite patrie. J'suis consciente que c'est pas le jugement de tout le monde, c'est juste que moi j'vois les humains en tant qu'individus, et non en tant que nations, races, pays, etc...

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Re: L'émotivité confiante.

Message  Livingston le Lun 5 Nov - 18:15

Cosmiksquirel a écrit:Personnellement j'vois pas vraiment l'intérêt, j'dis que j'suis du Québec, au Canada. Tant qu'à me sentir responsable de quoi que ce soit, j'vais commencer par l'être de ma propre vie en tant qu'HUMAIN, sans me soucier de l'aspect culturel en général de ma dite patrie. J'suis consciente que c'est pas le jugement de tout le monde, c'est juste que moi j'vois les humains en tant qu'individus, et non en tant que nations, races, pays, etc...

Je comprends ce que tu veux dire. Très bien même. Et j'imagine que c'est tout à fait défendable comme vision. Surtout lorsqu'on est pas vraiment politisé et qu'on n'y consacre pas beaucoup d'intérêt. J'ajouterais aussi que c'est une problématique très compliquée et que c'est difficile de la décortiquer lorsqu'on ne sent pas que les décisions politiques prises par nos deux paliers de gouvernement nous touchent très souvent directement.

Pour ma part, ce qui me touche le plus à propos de la question nationale, et il en est fait mention dans le texte de M. Monière, c'est notre statut de minoritaires. Cela implique que du fait de notre poids démographique qui s'affaiblit avec le temps, notre poids décisionnel s'affaiblit aussi. Jumelons ça avec le fait que le gouvernement fédéral à une tendance toujours grandissante à désirer ramener les pouvoirs vers lui pour gouverner le Canada comme un État unitaire et on devine qu'on se retrouve toujours isolés davantage. Autrement dit, plus le pouvoir sera centralisé au gouvernement du Canada, moins on aura notre mot à dire dans ses décisions. Quand on sait qu'on représente comme Québécois, à ce jour, environ 23% de la population canadienne, on devine que, du fait que le reste du Canada s'identifie de plus en plus au gouvernement central à Ottawa et que donc, ils s'unissent toujours davantage autour de la même bannière, nous sommes de plus en plus gouvernés par ces quelques 65-70% de la population canadienne restante, qui prennent les décision à notre place puisqu'ils ont la majorité démocratique pour le faire. On a qu'à penser à l'opération militaire en Afghanistan, qui reçoit l'aval des Canadiens-anglais à majorité, alors que c'est l'inverse au Québec. Au sujet de cette légitimité démocratique, j'aimerais mettre un certain bémol. Je dis qu'ils ont la majorité démocratique pour faire appliquer leur vision de la réalité, et c'est vrai. On ne peut contester leur nombre et l'emploi qu'ils en font trop souvent, inconsciemment ou non. Sauf que la démocratie, c'est bien plus qu'une majorité et une minorité. Ce qui est encore plus grave concernant notre soi-disant démocratie, c'est que la majorité et la minorité sont figées. Pour qu'il y ait démocratie, on doit pouvoir faire partie, parfois, de la majorité et, d'autres fois, de la minorité et ce, sans se renier soi-même ou renier nos valeurs. Le déficit démocratique au Canada s'explique en grande partie du fait que ceux qui font partie de la majorité et la minorité sont...souvent voire toujours les mêmes.

C'est louable de vouloir s'occuper de soi-même d'abord. D'ailleurs, c'est tout à fait pertinent au contexte actuel, qui préconise l'individualisme et le souci de soi. Toutefois, un statut de minoritaires à tous les niveaux à l'intérieur même de ce qui se veut être notre pays finit toujours par avoir une influence sur chacun de nous. Il faudra être mis en face des deux solitudes canadiennes au moins une fois pour comprendre de quoi il en retourne. Autrement dit, lorsque les valeurs personnelles de chacun sont balayées du revers de la main par le reste du pays qui, lui, voit la réalité d'une autre façon, le choix de l'indépendance nationale apparait souvent soudainement comme étant bien plus qu'une guerre d'égos.

Merci.

Living.

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Re: L'émotivité confiante.

Message  x____Exit le Lun 5 Nov - 18:33

Livingston a écrit:
Cosmiksquirel a écrit:Personnellement j'vois pas vraiment l'intérêt, j'dis que j'suis du Québec, au Canada. Tant qu'à me sentir responsable de quoi que ce soit, j'vais commencer par l'être de ma propre vie en tant qu'HUMAIN, sans me soucier de l'aspect culturel en général de ma dite patrie. J'suis consciente que c'est pas le jugement de tout le monde, c'est juste que moi j'vois les humains en tant qu'individus, et non en tant que nations, races, pays, etc...

Je comprends ce que tu veux dire. Très bien même. Et j'imagine que c'est tout à fait défendable comme vision. Surtout lorsqu'on est pas vraiment politisé et qu'on n'y consacre pas beaucoup d'intérêt. J'ajouterais aussi que c'est une problématique très compliquée et que c'est difficile de la décortiquer lorsqu'on ne sent pas que les décisions politiques prises par nos deux paliers de gouvernement nous touchent très souvent directement.

Pour ma part, ce qui me touche le plus à propos de la question nationale, et il en est fait mention dans le texte de M. Monière, c'est notre statut de minoritaires. Cela implique que du fait de notre poids démographique qui s'affaiblit avec le temps, notre poids décisionnel s'affaiblit aussi. Jumelons ça avec le fait que le gouvernement fédéral à une tendance toujours grandissante à désirer ramener les pouvoirs vers lui pour gouverner le Canada comme un État unitaire et on devine qu'on se retrouve toujours isolés davantage. Autrement dit, plus le pouvoir sera centralisé au gouvernement du Canada, moins on aura notre mot à dire dans ses décisions. Quand on sait qu'on représente comme Québécois, à ce jour, environ 23% de la population canadienne, on devine que, du fait que le reste du Canada s'identifie de plus en plus au gouvernement central à Ottawa et que donc, ils s'unissent toujours davantage autour de la même bannière, nous sommes de plus en plus gouvernés par ces quelques 65-70% de la population canadienne restante, qui prennent les décision à notre place puisqu'ils ont la majorité démocratique pour le faire. On a qu'à penser à l'opération militaire en Afghanistan, qui reçoit l'aval des Canadiens-anglais à majorité, alors que c'est l'inverse au Québec. Au sujet de cette légitimité démocratique, j'aimerais mettre un certain bémol. Je dis qu'ils ont la majorité démocratique pour faire appliquer leur vision de la réalité, et c'est vrai. On ne peut contester leur nombre et l'emploi qu'ils en font trop souvent, inconsciemment ou non. Sauf que la démocratie, c'est bien plus qu'une majorité et une minorité. Ce qui est encore plus grave concernant notre soi-disant démocratie, c'est que la majorité et la minorité sont figées. Pour qu'il y ait démocratie, on doit pouvoir faire partie, parfois, de la majorité et, d'autres fois, de la minorité et ce, sans se renier soi-même ou renier nos valeurs. Le déficit démocratique au Canada s'explique en grande partie du fait que ceux qui font partie de la majorité et la minorité sont...souvent voire toujours les mêmes.

C'est louable de vouloir s'occuper de soi-même d'abord. D'ailleurs, c'est tout à fait pertinent au contexte actuel, qui préconise l'individualisme et le souci de soi. Toutefois, un statut de minoritaires à tous les niveaux à l'intérieur même de ce qui se veut être notre pays finit toujours par avoir une influence sur chacun de nous. Il faudra être mis en face des deux solitudes canadiennes au moins une fois pour comprendre de quoi il en retourne. Autrement dit, lorsque les valeurs personnelles de chacun sont balayées du revers de la main par le reste du pays qui, lui, voit la réalité d'une autre façon, le choix de l'indépendance nationale apparait souvent soudainement comme étant bien plus qu'une guerre d'égos.

Merci.

Living.

À place de me débattre avec mes mots et mes pensées sans être capable dexpliquer ce que j'en pense, je ais me contenter de dire Merci Living, je trouve que c'est très bien dit.
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